Collier d’ambre : attention danger


En vogue depuis de nombreuses années, les colliers d’ambre auraient, selon une croyance répandue, la faculté de soulager les poussées dentaires douloureuses chez les bébés.

Selon certains thérapeutes, l’ambre, qui est une résine de conifère fossilisée et non une pierre, émettrait naturellement des ions négatifs qui, au contact de la peau, auraient le pouvoir de réguler la circulation des énergies dans l’organisme.

Lors d’une enquête portant sur la sécurité des colliers et bracelets pour jeunes enfants, la DGCCRF ( Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) avait mis en évidence dès 2011 que de nombreux produits présentaient un risque non négligeable de strangulation. Compte tenu de la persistance de ces produits sur le marché, une nouvelle enquête a été réalisée en 2015. Les contrôles ont montré la persistance des anomalies : la réglementation sur la sécurité des produits reste insuffisamment connue et appliquée par certains professionnels.

Qualité du fil, résistance du fermoir, tressage des perles… Les zones à risque sont nombreuses sur ces produits. Le public visé est pourtant connu pour sa fragilité. La moindre ingestion peut provoquer un étouffement, et il n’est pas rare pour un bébé de tirer sur un collier.

Sur 32 bracelets et colliers prélevés, 28 ont été considérés comme dangereux en raison d’un risque de strangulation ou de suffocation (87,5% des échantillons). 16 avertissements liés au non-respect de l’obligation générale de sécurité ont été adressés aux opérateurs.

La plupart de ces produits sont fabriqués dans d’autres pays européens de manière artisanale. La qualité en demeure donc parfois inégale (perles irrégulières, type de fil) ce qui implique d’être plus attentif à ce type de produit pouvant présenter des défauts et donc, potentiellement des dangers. . De plus, les critères d’évaluation de la conformité d’un produit peuvent varier d’un pays à l’autre.

Une information insuffisante ou mensongère donnée au consommateur

Les contrôles de la DGCCRF ont également porté sur le respect des avertissements et des informations devant être fournis au consommateur et des règles d’étiquetage. L’enquête a montré que :

  • 50% des produits analysés ne présentaient pas d’avertissements de sécurité sur les risques inhérents aux produits et sur l’importance de la surveillance parentale. Un site vendait par exemple des bracelets sans nœuds entre chaque perle (les nœuds permettant de limiter le nombre de petits éléments accessibles en cas de rupture) et sans aucun avertissement de sécurité. Une injonction a par ailleurs été adressée au responsable d’un autre site pour qu’il ajoute des mentions obligatoires manquantes relatives à la garantie légale de conformité.
  • Des mentions vagues ou non justifiées étaient apposées. Certaines étaient relatives à des propriétés bénéfiques pour la santé. Les enquêteurs ont montré que des établissements mettaient en avant des effets antibactérien, antioxydant, anti inflammatoire ou une action sur l’influx nerveux sans que des justificatifs de ces allégations n’aient été fournis. D’autres mentions portaient sur l’origine de l’ambre sans que le professionnel, qui vendait colliers et bracelets avec des certificats de garantie comme seul gage de conformité du produit, ait procédé à une quelconque analyse. Trois avertissements ont été adressés aux entreprises concernées en raison des allégations thérapeutiques injustifiées accompagnant les produits, ainsi qu’un avertissement pour une mention erronée.
  • Des colliers et bracelets étaient vendus avec une assertion trompeuse. Un site internet vendait des colliers avec la mention infondée « testés et validés par le laboratoire de la répression des fraudes ».

Afin d’avertir les consommateurs, la DGCCRF a adressé un message type que les pharmaciens commercialisant ces colliers d’ambre ont l’obligation d’afficher sur leur vitrine. Ces colliers ne font pourtant pas partie de la liste des produits autorisés à la vente en officine. Les pharmaciens concernés pourraient donc faire l’objet de sanctions.

 

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